Que faire dans le vignoble de Menetou-Salon ? Une journée entre vignes, villages et patrimoine

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Menetou-Salon est le nom d’un vin. C’est aussi celui d’un village. Mais pour découvrir vraiment le premier, il faut assez vite sortir du second.

L’appellation s’étend en effet sur dix communes du Cher : Menetou-Salon bien sûr, mais aussi Morogues, Parassy, Humbligny, Saint-Céols, Aubinges, Pigny, Quantilly, Soulangis et Vignoux-sous-les-Aix. 

Autrement dit, visiter le vignoble de Menetou-Salon ne consiste pas nécessairement à rejoindre un lieu, garer sa voiture, visiter et repartir. Il faut aussi prendre les petites routes, traverser les coteaux, s’arrêter dans un village, pousser la porte d’un domaine — et parfois laisser la voiture pour continuer à pied.

Ou à vélo. Les petites routes qui relient Morogues, Parassy et les villages du vignoble attirent régulièrement les cyclistes le week-end. Les distances restent modestes, mais ne vous fiez pas trop au paysage berrichon : ici, les coteaux savent se rappeler aux mollets.

Depuis Maupas, nous sommes plutôt bien placés pour le savoir.

Commencer par Morogues, au cœur des vignes

À une vingtaine de kilomètres de Bourges et un peu plus de vingt de Sancerre, Morogues constitue une excellente porte d’entrée dans le vignoble.

Ici, les vignes ne forment pas simplement le décor. Elles entourent le village, grimpent sur les coteaux et accompagnent une bonne partie des routes et des chemins. Sauvignon blanc et pinot noir se partagent le paysage, comme dans l’ensemble de l’appellation.

Le Château de Maupas se trouve à la sortie du village. Ses différentes parties ont été construites entre le XVe et le XIXe siècle et la même famille y est installée depuis 1682. À l’intérieur, la visite conduit notamment à la grande cage d’escalier où sont présentées plusieurs centaines d’assiettes de faïence anciennes. 

Mais la visite permet aussi de comprendre quelque chose de plus actuel : Maupas est également un domaine viticole. Les vignes se trouvent de l’autre côté de la route, sur les coteaux qui font face au château, et la visite peut se terminer par une dégustation des vins du domaine.

Et si vous avez de bonnes chaussures, la découverte peut continuer dehors.

Le vignoble à pied

À Morogues, le vignoble ne se découvre pas seulement dans un verre : il se parcourt aussi à pied.

Un circuit balisé de 10 kilomètres part de la place des Tilleuls et traverse les vignes. Au fil du chemin, plusieurs panneaux permettent de comprendre les cépages, les sols, le climat et l’histoire de l’appellation. Le parcours offre aussi de beaux points de vue sur Morogues et son clocher, puis sur le Château de Maupas. 

Une autre boucle, précisément baptisée « Château de Maupas », propose 7,3 kilomètres pour environ 1 h 30 de marche et 235 mètres de dénivelé. Elle peut être rejointe depuis Morogues ou Aubinges. 

Ce sont aussi ces chemins que l’on aperçoit depuis la grille du château. Une bonne manière, après avoir visité les pièces de Maupas, de découvrir le paysage qui les entoure.

Morogues, village de vignerons… et de potiers

Il serait pourtant dommage de réduire Morogues à la vigne. Ici, la proximité de La Borne se lit aussi dans les ateliers.

Au cœur du village, place des Tilleuls — là même où commence l’un des circuits à travers les vignes — travaillent Jean Guillaume et Claudie Guillaume-Charnaux.

photo : Le Berry Républicain

Tous deux sont liés à cette grande histoire contemporaine de la céramique qui rayonne autour de La Borne. Formé à Sèvres puis auprès de Jean et Jacqueline Lerat aux Beaux-Arts de Bourges, Jean Guillaume développe depuis des décennies un univers très personnel, peuplé notamment de personnages et d’animaux, où l’humour n’est jamais très loin. Claudie Guillaume-Charnaux, elle aussi formée auprès des Lerat, travaille davantage autour de l’objet et de la couleur. 

Et derrière l’atelier se trouve l’un de ces objets que l’on ne s’attend pas nécessairement à rencontrer au milieu d’un village : un four à bois de type Sèvres, construit par Jean Guillaume en 1985. La cuisson et les cendres du bois participent directement aux nuances et aux matières de ses pièces en grès. 

C’est une jolie manière de comprendre que la céramique de La Borne ne s’arrête pas aux limites du village qui porte son nom. Elle déborde sur tout un territoire — et notamment sur Morogues.

Quelques kilomètres plus loin, La Borne mérite cependant que l’on s’y arrête pour elle-même. Nous lui consacrerons donc un autre Guide.

De Morogues à Menetou-Salon : passer par Parassy

Pour rejoindre Menetou-Salon depuis Morogues, inutile de chercher le chemin le plus spectaculaire : la route elle-même fait partie de la promenade, et elle passe par Parassy.

C’est ici que l’on comprend mieux que Menetou-Salon est moins un vignoble concentré autour d’un bourg qu’une succession de coteaux et de villages.

Parassy mérite donc que l’on s’arrête quelques instants plutôt que de simplement traverser. Le village, installé en hauteur, offre de belles ouvertures sur le paysage berrichon. On y retrouve cette alternance qui caractérise le secteur : champs, bois, vallons et parcelles de vigne.

Ce n’est pas nécessairement l’étape où l’on restera deux heures.

C’est celle où l’on s’arrête parce que la vue nous a demandé de nous arrêter.

Et c’est peut-être aussi cela, découvrir le vignoble de Menetou-Salon.

Menetou-Salon : le village qui a donné son nom au vin

On peut alors rejoindre Menetou-Salon lui-même.

Le village reste évidemment une étape importante de la journée. Son nom est lié depuis des siècles à l’histoire locale du vin, et l’appellation d’origine contrôlée Menetou-Salon a été reconnue en 1959. Aujourd’hui, elle produit blancs, rouges et également rosés.

C’est aussi ici que se trouve le Château de Menetou-Salon, l’autre grande visite patrimoniale du secteur.

Mais après avoir traversé Morogues et Parassy, on regarde peut-être le village différemment : Menetou-Salon n’est plus le début et la fin de la visite. Il devient une étape dans le paysage qui porte son nom.

Et c’est précisément l’intérêt de consacrer une journée entière au vignoble plutôt que quelques heures à son seul bourg.

Vous avez encore du temps ? Prenez de la hauteur

À partir de là, plusieurs prolongements sont possibles. Mais si vous aimez les paysages, nous avons une préférence : Humbligny.

Photo https://veaugues.over-blog.com

À Maupas, nous connaissons déjà sa silhouette. La Motte d’Humbligny apparaît au loin depuis la cour du château ; du haut de la tour crénelée, on la distingue encore mieux.

La direction est donc toute trouvée.

En gagnant Humbligny, le relief devient plus présent. Ce n’est d’ailleurs pas tout à fait un hasard : l’aire de Menetou-Salon se développe sur une cuesta, avec des coteaux plus marqués dans sa partie orientale. 

Et surtout, quelque chose commence doucement à changer.

Nous arrivons aux portes du Pays Fort.

Les collines deviennent plus présentes, les bois davantage aussi, et le vignoble commence à rencontrer un autre paysage du Berry.

Si ce paysage vous donne envie de poursuivre la route, nous lui avons justement consacré notre premier Grand Guide : Visiter le Pays Fort.

Voilà comment un voyage en appelle parfois un autre.

Saint-Céols : une autre histoire de vigneron

Sur cette partie de l’appellation, Saint-Céols offre une autre bonne raison de s’arrêter : Le Prieuré de Saint-Céols, conduit par Joseph et Marie de Maistre.

Leur histoire apporte un contrepoint intéressant à celle de Maupas.

À Maupas, Antoine a grandi avec l’exploitation viticole familiale avant d’en reprendre la conduite. Joseph et Marie de Maistre ont suivi un autre chemin : après des parcours professionnels dans de grands groupes, ils ont choisi la vigne, avec aussi, du côté de Joseph, une histoire familiale liée au vin. Deux trajectoires différentes vers un même métier.

Et c’est aussi l’intérêt d’une journée dans le vignoble : un vin n’est jamais seulement une appellation inscrite sur une étiquette. Derrière le même nom, les domaines, les parcelles et les histoires de ceux qui les travaillent ne sont jamais tout à fait les mêmes.

Alors, que faire dans le vignoble de Menetou-Salon en une journée ?

Il n’est finalement pas nécessaire de chercher à tout voir.

Commencez à Morogues. Visitez Maupas, marchez un peu dans les vignes si le temps s’y prête, arrêtez-vous dans le village et découvrez qu’ici potiers et vignerons vivent à quelques rues les uns des autres.

Prenez ensuite la route de Parassy et laissez-vous le droit de vous arrêter.

Continuez vers Menetou-Salon pour découvrir le village et son château.

Et si la journée est encore longue, choisissez votre direction : Humbligny pour les hauteurs et les portes du Pays Fort ; Saint-Céols pour une nouvelle rencontre avec le vignoble.

Vous n’aurez probablement pas « fait » Menetou-Salon.

Mais vous aurez commencé à comprendre pourquoi Menetou-Salon ne tient pas dans un seul village.

Questions que l’on nous pose souvent

Peut-on visiter Menetou-Salon et Sancerre dans la même journée ?
Oui, les deux vignobles sont voisins. Mais si vous disposez d’une journée entière, consacrer du temps à Menetou-Salon permet justement de découvrir autre chose qu’une succession de visites rapides. Sancerre mérite très bien une autre journée — et bientôt son propre Guide.

Que faire autour de Menetou-Salon sans forcément visiter une cave ?
Visiter un château, marcher dans les vignes autour de Morogues, découvrir les villages et leurs paysages, rencontrer des potiers ou pousser jusqu’aux reliefs d’Humbligny. Le vignoble est aussi un territoire.

Peut-on faire une randonnée dans les vignes de Menetou-Salon ?
Oui. Depuis Morogues, plusieurs itinéraires balisés permettent de traverser directement le vignoble. Le circuit « Château de Maupas » fait 7,3 km ; une autre boucle viticole au départ de la place des Tilleuls en compte 10. 

Peut-on découvrir le vignoble de Menetou-Salon à vélo ?
Oui. Les petites routes entre Morogues, Parassy, Menetou-Salon et les autres villages s’y prêtent particulièrement bien. Le relief est vallonné : agréable pour découvrir le vignoble, un peu moins innocent qu’il n’en a l’air pour les jambes.

Menetou-Salon est-il loin de Bourges ?
Non, c’est même tout près. Une vingtaine de kilomètres séparent Bourges de Morogues. En quelques dizaines de minutes, on quitte la ville pour retrouver les petites routes, les coteaux et les vignes de Menetou-Salon.

Faut-il réserver les dégustations chez les vignerons ?
C’est préférable, particulièrement hors saison ou lorsque vous souhaitez rencontrer le vigneron plutôt que simplement acheter quelques bouteilles. En période de vendanges, c’est même une excellente idée : dans les vignes et au chai, les journées ont tendance à être bien remplies.