
Ces deux derniers jours, les visiteurs de Maupas ont peut-être eu une drôle d’impression.
La visite commençait normalement. Le château était bien à sa place, les assiettes aussi, le guide poursuivait ses explications. Et puis, en début d’après-midi, quelques accords de guitare et surtout une batterie se faisaient soudain entendre quelque part au-dessus.
Il se passait manifestement quelque chose là-haut.
Pendant deux longues journées, une équipe de tournage s’est installée dans les étages du château pour réaliser non pas un, mais deux clips de metal.
La chapelle, habituellement fermée à la visite, accueillait cette fois les musiciens dans un tout autre rôle : une mariée recueillie et tourmentée, entre autres apparitions… Dans l’espace plus resserré de la chapelle, la caméra les suivait au plus près, se faufilant entre les personnages et le décor. Les visiteurs pourront, eux, découvrir les lieux dans quelques semaines, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine.
Quelques mètres plus haut, changement d’échelle.

Dans les combles de l’aile sud, caméras, câbles, projecteurs LED et fumée ont pris place sous la vénérable charpente Louis XV, dont les courbes évoquent celles d’une coque renversée.
Réalisateur, chef opérateur, photographe et musiciens : pendant deux jours, tout ce petit monde a grimpé, descendu, installé, déplacé, éclairé, filmé et recommencé.
Pour l’image, les guitares pouvaient jouer en playback.
Pour la batterie, impossible de tricher aussi facilement.
Et lorsque les répétitions reprenaient en début d’après-midi, elle se chargeait d’en faire profiter les visiteurs quelques étages plus bas. À leur grand plaisir, semble-t-il.
Un tournage possède aussi ses entractes.
À l’heure des repas, tout le monde redescendait dans la salle à manger. Et le tableau valait presque un troisième clip : sous le regard du buste du comte de Chambord posé sur la cheminée, une tablée de métalleux vêtus de noir reprenait tranquillement leurs forces.
La vie quotidienne, elle, continuait entre les deux.
À midi, la salle à manger retrouvait sa fonction première, le déjeuner devant simplement s’achever avant l’arrivée du prochain groupe de visiteurs.
Le soir, libérés du rythme des visites, les dîners s’étiraient davantage. Le soir, libérés du rythme des visites, les dîners s’étiraient davantage. Après la chaleur des combles, quelques bouteilles de Maupas permettaient aussi de faire découvrir à nos hôtes un autre visage du château : celui de son vignoble de Menetou-Salon.
Puis, hier soir, le dernier plan a été tourné.
Les lumières se sont éteintes, les câbles ont été enroulés, les instruments sont redescendus. La chapelle a retrouvé son silence et la vieille charpente sa pénombre.
Dans trois semaines, pour les Journées du patrimoine, les visiteurs monteront à leur tour jusqu’à la chapelle.
Ils auront peut-être du mal à imaginer ce qui s’y jouait quelques semaines auparavant.
Et vous, auriez-vous imaginé Maupas en décor de clip metal ?
À suivre dans les Chroniques de Maupas…
Il reste encore quelques endroits du château que nous n’ouvrons qu’exceptionnellement. Nous aurons peut-être bientôt une bonne raison de pousser l’une de ces portes…