Les vendanges ont déjà commencé…

L e s v e n d a n g e s o n t   d é j à   c o m m e n c é

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À Morogues, cette semaine, inutile de regarder le calendrier pour savoir que les vendanges ont commencé. À l’un des rares carrefours du village, un panneau prévient désormais les automobilistes :

« 30 km/h Ralentir — vendanges »

Il donne assez bien le ton.

Depuis quelques jours, tracteurs, bennes et machines à vendanger vont et viennent sur les routes, entre les parcelles et les caves. Morogues est l’une des communes de l’appellation Menetou-Salon et, depuis le 17 août, le village a pris son rythme de vendanges.

Hier, ce fut notre tour.

Ceux qui terminent la visite de Maupas par une dégustation connaissent peut-être déjà l’explication : les vignes du domaine sont juste en face du château, de l’autre côté de la route. Le chai se trouve avec elles, à environ 500 mètres, en haut de la colline qui nous fait face.

Inutile, en ce moment, de les chercher longtemps. Tout s’y agite.

Mais cette année, une chose frappe avant toutes les autres : la date.

Le 17 août. Pour prendre la mesure de cette précocité, regardons simplement chez nos voisins sancerrois : entre 1992 et 2002, leur ban des vendanges tombait encore entre le 22 septembre et le 1er octobre. Même en 2003, année de la grande canicule, il avait fallu attendre le 1er septembre. Les calendriers ne sont pas exactement les mêmes d’une appellation à l’autre, mais à quelques kilomètres de distance, le mouvement est bien le même : les vendanges arrivent de plus en plus tôt.

L’été 2026, particulièrement chaud et sec, a accéléré les choses. Dans nos vignes, les grains sont restés en bon état, mais le manque d’eau les a laissés plus petits. Il était temps de les rentrer : quelques jours supplémentaires sous un soleil intense auraient pu commencer à les abîmer.

Moins de raisin, sans doute, mais de beaux raisins. Et le bon moment ne se lit pas seulement sur le calendrier : le raisin se goûte aussi. Cette année, quelques jours peuvent faire toute la différence. 

Pour le reste, tout se joue maintenant.

À Maupas, nos quelque dix hectares de vignes sont conduits en agriculture biologique depuis plusieurs années : environ deux tiers de sauvignon pour un tiers de pinot noir, à l’image de l’appellation. Les rangs enherbés font désormais tellement partie de notre paysage que nous n’y prêtons presque plus attention. Nos visiteurs, eux, repèrent souvent immédiatement le logo bio sur les étiquettes.

Pour les blancs, la récolte se fait mécaniquement. Les pinots noirs sont vendangés à la main, pour permettre un tri plus attentif des grappes.

À mesure que les parcelles se vident, c’est au chai que l’activité se déplace. Et là, c’est le branle-bas de combat : les raisins arrivent, les indispensables cuves inox se préparent à prendre le relais.

Parmi les équipements, une amphore, plus récente, attire aussi le regard. Ce qu’elle reçoit exactement et ce qu’Antoine en recherche ? Nous lui poserons la question… après les vendanges.

Dans quelques mois, nous parlerons du millésime 2026 en regardant sa couleur dans un verre.

Pour l’instant, il a surtout la couleur d’un été particulièrement chaud et sec, de grappes plus petites qu’à l’habitude et de quelques journées où tout s’accélère à Maupas.

Le raisin est arrivé au chai. Le millésime, lui, commence seulement à s’écrire.

Et vous, en regardant une bouteille de vin, pensez-vous parfois à la journée où ses raisins ont été cueillis ?

À suivre dans les Chroniques de Maupas…

Les vendanges nous ont emmenés de l’autre côté de la route. La semaine prochaine, revenons au château : combien de pièces compte-t-il vraiment ? Est-ce que tout se visite ? Et surtout… que se cache-t-il derrière les portes que nous n’ouvrons pas ?